Nous avons pendant deux jours, les 27 et 28 janvier dernier, rendu un vibrant hommage au fondateur de la Compagnie ,le Dr. Pierre Monsard disparu le 28 novembre dernier dans sa 52 ème année des suites d’une maladie . Ces journées étaient intitulées « Journées hommage à Pierre Monsard Siégu ».

Le " Théâtre Express" a vu le jour de manière spontanée (d’où son nom !), en 1993 au Département de Lettres Modernes de l’Université Omar Bongo de Libreville . C’était au cours de stylistique que dispensait le Dr. Pierre Monsard . Celui-ci soumit à ses élèves l’étude de l’œuvre de l’écrivain Congolais Henri Lopès . Soudain, il lui vient l’idée de réécrire le roman « Le pleurer-Rire » sous forme de tableau. Les étudiants approuvent. Une fois le travail de réécriture fini, il leur vient une autre tentation celle de monter sur les planches pour mettre ces séquences en spectacle. Là est le début de l’aventure de " L’express".
A partir d’un effectif réduit au départ, " L’express" s’est vite agrandi avec l’arrivée d' autres étudiants de presque tous les départements de l’Université, mais aussi des élèves des Lycées et collèges de la capitale gabonaise .

Aussi, à la suite des hommages qui ont été rendus ici et là au Gabon à Pierre Monsard, que beaucoup considèrent comme une des plus grandes figures de la promotion de la culture gabonaise tant il était d’un dynamisme avéré pour la chose culturelle, c’est le monde du théâtre gabonais à travers « Le Théâtre express » , sa postérité parmi tant d’autres, qui a tenu , trois mois seulement après sa disparition à se souvenir de son œuvre .Ainsi, pendant deux jours, « L’express » a tenu le public venu nombreux en haleine .

La cérémonie a débuté le 27 janvier dans l’après-midi . La pluie qui est tombée quelques heures plutôt n’a pas pu stopper la volonté des centaines de personnes qui étaient venus eux aussi, rendre par leur présence, un dernier hommage au « maître » ; ce d’autant plus que le Centre culturel français de Libreville avait tenu à participer à ces hommages en octroyant gratuitement la salle polyvalente au Théâtre express dont le fondateur était connu de la maison . Ainsi donc les nombreux visiteurs ont pu apprécier l’œuvre de Pierre Monsard exposée dans l’enceinte du CCF : des photos , des correspondances , des retransmissions des émissions vidéo et radiophoniques qu’il animait ou auxquelles, il participait ; des témoignages des étudiants, comédiens, collègues, hommes de culture et des amis du disparu .

La première journée s’est achevée avec la déclamation de poèmes sur la mort et le sentiment du vide que provoque la disparition d’un être aimé .

La deuxième journée,celle du 28, a permis aux membres du Théâtre express d’inaugurer le blog Internet(http://theatreexpress.canaloblog.com ), en attendant la création du site dans les tous prochains mois . Ce qui n’a pas empêché les nombreux visiteurs d’apprécier .La journée qui s’est en fait poursuivie dans la soirée avec une série de spectacles qui a réjoui un public enthousiaste et passionné .

Tour à tour, ce sont des artistes de talent et de renom qui se sont relayés sur les planches du CCF : Matthias Ndembet, conteur émérite sinon l'un des meilleurs dans l’art du conte au Gabon, a conté au public, « L’histoire du sel » avec un talent que seuls savent le faire, les conteurs de sa trempe . Ensuite, Jean-Romain Nguemené dit « Monombè » de « l’Atelier Eyeno », récemment primé aux jeux de la Francophonie à Niamey , est venu conter « le saut de la grenouille ». Un conte plaisant qui invite l’homme à guérir de la « leadershipmatologie », une maladie qui frappe certaines personnes en mal de pouvoir .
Puis, ce fut au tour de Janni’s Moussossi dit « Fabio » de la Compagnie d’égayer la salle avec son sketch. Il faut dire que le style de « Fabio » est tout particulier puisqu’il fait dans l’imitation des enfants à contrario de ses compères qui eux, préfèrent imiter les vieux . Mais c’est bien plus son histoire d’amour pour Paola qu’il a mis en chanson et les difficultés que vivent parfois les enfants dans leur foyer qui a provoqué l’hilarité générale dans le public.

Pour « boucler la boucle », c’est à « L’express » qu’est revenu l’honneur avec les gaboniaseries (les niaiseries du Gabon), écrites et montées par notre défunt fonbdatuer, Pierre Monsard . C’est un ensemble de sketchs qui raconte avec humour et dérision les niaiseries du Gabon : «Le règlement de compte », « la bande », « la Saint-Valentin » sont les sketchs qui composent ces gaboniaseries . Et c’est avec ces trois derniers sketchs sous des airs d’oriengo, la danse gabonaise du moment, que s’est achevée ces journées consacrées à Pierre Monsard Siégu, le grand-frère, le maître .